Skip to content
Actualité2026-05-1910 min de lecture

Déclarer son wallet MetaMask ou Ledger en 2026 : aucune obligation spécifique en France

L'amendement de décembre 2025 qui prévoyait une déclaration obligatoire des wallets self-custody au-dessus de 5 000 € a été retiré du texte final par la Commission Mixte Paritaire du 28 avril 2026. Bilan factuel et bonnes pratiques pour les détenteurs de MetaMask, Ledger et autres portefeuilles non-custodial.

CD

Rédigé par Cheminaud Damien

Passionné des actifs numériques

Wallets self-custody : la situation fiscale en France en 2026

Au 1er mai 2026, aucune obligation déclarative spécifique ne pèse sur les détenteurs de wallets auto-hébergés (MetaMask, Ledger, Trust Wallet, Phantom, Rabby…) en France. Un amendement avait été adopté en commission de l'Assemblée nationale le 9 décembre 2025 pour créer une obligation de déclaration annuelle des wallets self-custody dont la valeur dépasse 5 000 €, mais cette disposition a été retirée du texte final lors de la Commission Mixte Paritaire (CMP) du 28 avril 2026. Le projet de loi sur la lutte contre la fraude fiscale et sociale a été adopté début mai sans cet article 3 quater. Concrètement : si vous détenez des cryptomonnaies sur un wallet dont vous gardez les clés privées, vous n'avez aucune déclaration spécifique à faire en 2026 au titre de la simple détention. Les obligations relatives aux plus-values (formulaire 2086) et aux comptes d'échange étrangers (formulaire 3916-bis) restent en vigueur — voir section 6.

Qu'est-ce qu'un wallet self-custody ?

Un wallet self-custody (ou non-custodial, ou auto-hébergé) est un portefeuille crypto dont vous seul détenez les clés privées. Contrairement à un compte sur une plateforme centralisée (Binance, Coinbase, Kraken) où l'exchange conserve vos fonds, un wallet MetaMask, un hardware wallet Ledger ou un wallet mobile Phantom vous donne un contrôle direct sur vos actifs. Aucun tiers ne peut bloquer vos fonds ni les transférer à votre place. C'est l'incarnation du principe « not your keys, not your coins ». Pour l'administration fiscale, ces portefeuilles ne relèvent d'aucun prestataire de services sur actifs numériques (PSAN) — l'État n'a donc aucune visibilité directe sur les fonds qu'ils contiennent, sauf en cas d'interaction avec une plateforme centralisée où vous êtes identifié.

L'amendement avorté : seuil de 5 000 € et ce qui était prévu

L'amendement déposé en décembre 2025 prévoyait que tout détenteur d'un wallet self-custody dont la valeur totale dépasse 5 000 € au 31 décembre devrait le déclarer annuellement à l'administration fiscale. La mesure visait spécifiquement les wallets « détenus directement sur la blockchain sans recours à un prestataire de services intermédiaire » — donc MetaMask, Ledger, Rabby, Deblock, Trust Wallet, Phantom, etc. L'obligation aurait été déclenchée par la simple détention (pas par une transaction), avec une évaluation à la valeur de marché au 31 décembre. Les modalités précises (formulaire, sanctions) devaient être fixées par décret. Cette disposition a été adoptée en Commission des finances de l'Assemblée nationale le 9 décembre 2025 sous la forme d'un article 3 quater inséré dans le projet de loi n° 2115 contre la fraude fiscale et sociale.

Article 1649 AC bis du CGI : ce que dit réellement le texte en vigueur

L'article 1649 AC bis du Code général des impôts existe bien depuis la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (entrée en vigueur le 1er janvier 2026). Mais il ne concerne pas les particuliers détenteurs de wallets self-custody : il impose aux prestataires de services sur crypto-actifs (PSAN/CASP au sens du règlement MiCA — exchanges, brokers, custodians) une obligation déclarative annuelle sur leurs clients résidents fiscaux français. C'est la transposition de la directive européenne DAC8, équivalent crypto du dispositif CRS/FATCA pour les banques. Le décret n° 2025-1276 du 19 décembre 2025 précise les modalités à la charge des plateformes, et non des particuliers. L'amendement de décembre 2025 cherchait à étendre ce dispositif aux particuliers détenant des wallets non-custodial : c'est cette extension qui n'a finalement pas été retenue.

Retrait en CMP du 28 avril 2026 : pourquoi l'obligation n'a pas été retenue

Le 28 avril 2026, la Commission Mixte Paritaire (réunissant 7 députés et 7 sénateurs pour trouver un compromis entre les deux chambres) a décidé de supprimer l'article 3 quater du projet de loi sur la fraude fiscale et sociale. Plusieurs raisons à ce retrait : (1) inapplicabilité technique — un wallet self-custody n'a pas d'identifiant fiable rattaché à son détenteur, l'administration ne peut pas vérifier les déclarations ; (2) opposition du secteur crypto français — campagne « Ne touchez pas à nos cryptos », mobilisation d'acteurs (Ledger, Coinhouse, FFPC) et de députés ; (3) doublon avec DAC8 — les flux entre wallets et plateformes sont déjà tracés via l'obligation déclarative des PSAN ; (4) risque d'inconstitutionnalité — atteinte disproportionnée à la vie privée pour un usage marginalement frauduleux. Les votes définitifs début mai à l'Assemblée et au Sénat ont confirmé l'absence de l'obligation dans le texte promulgué.

Ce qui reste obligatoire en 2026 pour les détenteurs de crypto en France

Même sans obligation spécifique sur les wallets self-custody, vous restez soumis aux obligations existantes : (1) Formulaire 2086 — déclaration des plus-values de cessions d'actifs numériques, à compléter pour toute vente, conversion crypto-fiat ou paiement en crypto au-delà du seuil annuel de cession de 305 €. Imposition au PFU de 30 % (ou au barème sur option). (2) Formulaire 3916-bis — déclaration des comptes d'actifs numériques détenus à l'étranger (Binance, Coinbase, Kraken, Bybit…). Obligatoire dès qu'un compte a été ouvert, utilisé ou clôturé dans l'année. Amende : 750 € par compte non déclaré, 1 500 € si solde > 50 000 €. (3) Formulaire 2042-C — report du résultat global des cessions. (4) Revenus de staking, lending, airdrops — imposables comme BNC ou revenus non commerciaux selon la régularité de l'activité. Important : la détention pure sur un wallet self-custody ne déclenche aucune déclaration ; ce sont les cessions et les revenus qui sont taxables.

Bonnes pratiques 2026 pour les détenteurs de MetaMask, Ledger et autres wallets self-custody

Même sans obligation déclarative spécifique, anticipez : (1) Inventoriez vos wallets — gardez une liste à jour de tous vos portefeuilles (adresses publiques, type, valeur estimée). (2) Conservez l'historique des transactions — exports CSV depuis Etherscan, Solscan ou via un agrégateur. L'administration peut demander un justificatif jusqu'à 10 ans en arrière. (3) Tracez l'origine de vos fonds — chaque crypto reçue sur un wallet self-custody provient soit d'un achat (avec son prix d'acquisition) soit d'un revenu imposable (à déclarer). Sans traçabilité, en cas de contrôle, l'administration peut requalifier en revenu imposable. (4) Évaluez la valeur au 31 décembre — c'est la date de référence pour le suivi annuel. (5) Anticipez la traçabilité DAC8 — les flux entre wallets self-custody et plateformes centralisées sont désormais transmis à l'administration. Toute incohérence entre vos déclarations et les flux observés peut déclencher un contrôle. Un outil comme Taxes Crypto automatise l'inventaire, le calcul des plus-values et la génération des formulaires.

Et après ? DAC8, MiCA et l'avenir de la fiscalité crypto en France

Le retrait de l'amendement self-custody ne signifie pas la fin de la pression réglementaire sur les portefeuilles non-custodial. Plusieurs évolutions à surveiller : (1) DAC8 — depuis le 1er janvier 2026, tous les PSAN européens transmettent automatiquement à l'administration fiscale française les données de leurs clients résidents en France (transactions, soldes, transferts vers des wallets externes). Un transfert de 50 000 € de Binance vers MetaMask est désormais signalé. (2) MiCA — règlement européen entré en application en décembre 2024, encadre l'agrément des PSAN et leurs obligations (KYC renforcé, ségrégation des fonds, audits). (3) FATF Travel Rule — depuis 2026, les transferts crypto > 1 000 € entre prestataires doivent inclure les données d'identification de l'émetteur et du bénéficiaire. (4) Prochaines tentatives législatives — l'amendement a été retiré mais le sujet reviendra : les modalités exactes feront probablement l'objet d'un texte spécifique à moyen terme. Suivez l'actualité fiscale crypto sur Taxes Crypto pour rester à jour.

Sources juridiques officielles

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou financier. Consultez un professionnel qualifié pour votre situation personnelle.

CD

Cheminaud Damien

Passionné des actifs numériques

Cheminaud Damien est passionné de crypto-actifs. Il a créé Taxes Crypto pour aider les investisseurs européens à calculer et déclarer leurs cryptomonnaies, en s'appuyant sur les sources fiscales officielles de chaque pays. Ses contenus sont fournis à titre informatif et ne constituent pas un conseil fiscal professionnel.

Crypto-actifs · Fiscalité · DAC8 · MiCA

Calculez vos impôts automatiquement

Taxes Crypto simplifie votre déclaration crypto.

Commencer gratuitement

Guides pays liés